sous l'oeil de bamba

Au souk de Thiès, nous sommes happés par une foule toujours plus dense  : ici on vend des casseroles, des vélos, des livres d’école jaunis, du beurre de karité à la coupe, des extensions de cheveux, des beignets, des contrefaçons : sacs, chaussures, ceintures. 

Plus loin, on y fabrique des boubous sous une veille feuille collée au mur indiquant les heures des prières. Bamba nous surveille dans son boubou immaculé, immortalisé dans d’immenses cadres scintillants et poussiéreux, le fondateur de Touba présent partout, surplombe les vendeuses de cacahuètes de bracelets made in China de fleurs d’hibiscus séchées.

Là-bas, un groupe de prisonniers taille les énormes branches des cailcedrats qui viennent s’échouer sur les trottoirs défoncés. De l’autre côté de la voie ferrée, la gare s’effrite, l’un des derniers vestiges de la colonisation, pourrissant au beau milieu d’une mer de plastique. 

Les rails parallèles brillent au soleil, dans l’attente d’un train fantôme comme ceux qui transportaient les voyageurs par le passé de Bamako à Saint-Louis.