vol de nuit

Juste avant le crepuscule, nous survolons le Sahara. Des langues de nuages, comme du coton étiré par des mains invisibles, mélange d'eau et particules de sable, défilent sous l'aile et au-dessus des plaines immenses,

Le paysage est féérique. Si le paradis devait exister, alors il se trouve juste sous nos yeux.

Le soleil rasant caresse les dunes, frappe les crêtes et les arrêtes de rochers surgissant au beau milieu du vide magnifique. Mais la lumière semble venir d'en-dessous, comme si des hommes fous étaient venus éclairer des lanternes pour repousser l'obscurité naissante.

J'aimerai plonger là-bas, marcher tout droit dans le rien qui me serait tout. Confondre désert et océan. Suivre le chemin que m'indique les derniers rayons du soleil et vivre sur le fil, entre jour et nuit ...

Tout se confond : l'ombre et la lumière, l'air et la poussière, le ciel et la terre, le vombrissement de l'avion qui trace sa route invisible dans l'azur et une voix douce et grave à mes oreilles.